Juliette Gréco

  • Présentation

    Encore une fois
    Debout dans le noir
    Les mains jointes glacées
    Ecouter le rideau se lever
    Encore une fois
    Entrer doucement dans la lumière
    A votre rencontre
    Encore une fois
    Le partage ! Le temps suspendu
    Faire des trous dans les murs

    Encore une fois
    Avec les mots des autres
    Sur leurs musiques
    Encore une fois
    Vous dire à quel point je vous aime
    Je vous suis reconnaissante
    De tout ce que vous m’avez donné

    Et puis encore une fois
    Regarder le rideau se fermer.

    Juliette Gréco

  • Musique
  • Critiques

    « Juliette Gréco s’apparente à cette famille d’artistes qu’on appelle, sans en saisir toujours toute la portée, interprètes. Leur métier ne consiste pas simplement qu’à magnifier les textes d’un auteur ; bien plus il consiste en réalité à leur donner vie. » Abd Al Malik

    « Cette Javanaise, qui fut si incomprise parce que j’y parle javanais, je l’ai écrite pour Juliette Gréco...Je pense être un auteur privilégié puisqu’elle m’a chanté et je pense qu’il n’y a pas un auteur digne de ce nom ou au moins ayant un tant soit peu de tenue littéraire qui n’ait souhaité écrire pour elle. » Serge Gainsbourg

    « Quelle femme exquise, simple, belle, disponible, grande, courageuse, libre et vivante ! » Amélie Nothomb

    « Gréco a des millions dans la gorge : des millions de poèmes qui ne sont pas encore écrits, dont on écrira quelques-uns. On fait des pièces pour certains acteurs, pourquoi ne ferait-on pas des poèmes pour une voix ? Elle donne des regrets aux prosateurs, des remords. Le travailleur de la plume qui trace sur le papier des signes ternes et noirs finit par oublier que les mots ont une beauté sensuelle. La voix de Gréco le leur rappelle. Douce lumière chaude, elle les frôle en allumant leurs feux. C’est grâce à elle, et pour voir mes mots devenir pierres précieuses, que j’ai écrit des chansons. Il est vrai qu’elle ne les chante pas, mais il suffit, pour avoir droit à ma gratitude et à celle de tous, qu’elle chante les chansons des autres. » Jean Paul Sartre

    « D’ailleurs, je trouve que vous (Juliette Gréco) avez changé le visage de la chanson, parce que votre choix est toujours la poésie. » Joseph Kosma

    « « Pour moi, Juliette Gréco est un soleil noir : ses chansons sont lumineuses, elles n’ont pas la noirceur de sa robe. Avant d’écrire pour elle, il était vain de réécouter ses anciens disques ou de lire sa biographie. Il me fallait inventer sa voix. Pendant quelques nuits, seul dans mon bureau, je me suis donc transformé en Gréco. J’avais bien été un Guyanais de 80 ans [Salvador]... L’exercice est violent, mais plusieurs textes ont jailli, dont Même, qui lui ressemble à un point près : Juliette n’est pas une femme soumise. Et Deux au monde, écrit à la façon de Trenet. Le jour où Juliette devait les enregistrer, elle m’a dit : « Je ne suis pas en état. » Et puis, doucement, elle me les a chantées au creux de l’oreille. Verbalement, je peux dire qu’elle m’a mis la main au cul. » Benjamin Biolay

    « Si vous entendez une voix qui est l’appel de l’ombre, c’est Gréco. Si les yeux clos, vous entendez la chanson de votre adolescence…c’est Gréco. C’est Juliette Gréco qui mène la chanson chez qui la lui réclame. » Pierre Mac Orlan

    « Juliette Gréco est davantage qu’un nom. C’est son prestige. Un mythe. Dans le cœur des foules d’Orient et d’Occident, elle est la plus grande depuis la disparition de Piaf. Elle a la beauté millénaire des chats et aussi leurs superbes silences peuplés de magie. » Louis Nucera

    « Gréco, c’était le côté pas sage du film. Juliette n’a jamais été du cinéma. Même à l’époque où elle vivait avec Darryl Zanuck, elle n’a jamais fait partie de ce monde […]. J’aimais beaucoup Juliette, une fille intelligente, vraiment très belle. Quand on se souvient de la petite boulotte de 47-48… Pendant le tournage elle était tellement mince que je l’appelais la limande… » Jean Pierre Melville (à propos de son film Quand tu liras cette lettre)

    « Le Portrait chinois que lui consacra André Lemoine nous révéla une chatte plutôt qu’une tigresse. « Chez le Chat Juliette Gréco » nous raconta André « le calme n’est qu’apparence, il cache une grande timidité. Réserve serait probablement un mot mieux adapté. La passion marque tout ce qu’elle entreprend, l’excès aussi, mais son charme et sa merveilleuse tolérance font qu’on lui pardonne volontiers ce travers. Elle s’intéresse en profondeur au monde qui entoure son univers personnel, aime vagabonder, faire des voyages, vivre pleinement les choses de la vie. Ce Chat apprécie, comme bien des chats, les réunions amicales, se prête aux réunions mondaines, histoire de briller, mais aussi d’observer les autres. Amie précieuse et dévouée, Juliette Gréco se montre à l’occasion une critique féroce. À noter qu’elle est plus intuitive que psychologue. Son jugement spontané apparaît sans défaut, alors que ses raisonnements sont souvent obscurcis par sa subjectivité ». Elle donna à André une note maximum. » Jacques Mercier

    « Gréco, faudrait être con pour refuser. C’était quand même la fille qui se tapait Miles Davis, qui était dans les camps. Elle incarne une France que j’aime, une idéologie forte. » Benjamin Biolay

    « On ne croise pas tous les jours des gens de ce niveau, qui ont cette espèce de sensibilité, d’intelligence et une sorte de classe tout en pouvant n’être jamais vulgaires, mais extrêmement drôles. Et même employer des mots que seuls les hommes emploient parce qu’elle doit faire ça depuis son adolescence. » Bernard Lavilliers

    « Gréco se fout des conventions avec une grâce inouïe. C’est une femme qui a eu un répertoire d’homme. Elle a cristallisé énormément de fantasmes sans jamais devenir un objet du désir. » Anna Mouglalis

  • Dates