Note d’auteur

Derrière la vie de Billy Milligan, il y a d’abord une histoire singulière, épatante, quasi-fantastique d’une expérience humaine unique. Un seul corps pour 24 personnalités aux âges, sexes, origines, opinions et talents différents. D’un côté, il y a les crimes horribles qu’on lui reproche. De l’autre, l’empathie profonde qu’on lui voue pour son génie, sa différence, et les terribles abus dont il a, lui-même, été victime. Bien au-delà du fait divers, cette histoire nous est parue fascinante à raconter sur une scène de théâtre pour de multiples raisons. D’abord, il y a en toile de fond, une enquête policière palpitante à élucider, et une quête vertigineuse de la personnalité à mener, mais pas seulement. Le double statut de criminel et victime, renvoie systématiquement le spectateur à des sentiments contradictoires : l’envie de voir ce héros guérir pour retourner à une vie normale, tout en comprenant l’opinion publique qui souhaiterait le voir en prison pour écarter définitivement le danger qu’il représente. Le propos est dense, nombreuses sont les entrées.
Tout au long du travail d’écriture, nous avons pris le parti de faire du héros pas moins que l’humanité toute entière. Comme l’humanité, il a été traumatisé par la violence subie, capable de l’exercer à son tour pour assurer sa survie. Comme l’humanité, Stanley aura a tirer les leçons du passé, être capable de pardon et de rassemblement, comprendre que l’unité n’est pas synonyme d’uniformisation, que les différences sont des richesses, et que le moteur du progrès n’est pas extérieur mais encré en nous.

Cédric Chapuis et Margot Mouth
Les auteurs